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Cosmétiques : Non aux tests sur les animaux

Les tests sur les animaux en cosmétique.

Fourrure animale Cruella

Des tests sur les animaux (appelés tests in vivo) sont utilisés dans différents secteurs tels que l’industrie pharmaceutique et la cosmétique. Ces tests encore répandus visent à évaluer les risques présentés par un produit fini ou une substance en termes d’irritations cutanées, oculaires etc…

Au 21e siècle et à l’heure où la consommation responsable est en plein essor, ces pratiques cruelles paraissent aujourd’hui d’un autre temps.

 

Le règlement Européen vis-à-vis des tests sur les animaux

Stop aux tests sur animaux

Depuis 2013, la commission Européenne a modifié son règlement cosmétique, afin de rendre officielle l’interdiction des tests sur les animaux que ce soit pour les produits finis ou les ingrédients qui les composent. Interdiction étendue de fait aux produits importés. Les Etats Unis quant à eux sont toujours en attente de l’approbation du « Humane cosmetics Act » par le congrès, afin d’enfin franchir le cap de l’interdiction pure et simple des produits testés sur les animaux.

L’interdiction pure et simple est de plus valable pour l’industrie cosmétique, mais pas pour l’industrie pharmaceutique, pour laquelle ces tests sont encore largement répandus.

 

Zéro produits testés sur les animaux en Europe ?

Union européenne

Cette règlementation pourrait laisser croire que les produits cosmétiques testés sur les animaux ont été bannis du marché européen se heurte à une réalité  beaucoup plus complexe. En effet, et pour plusieurs raisons, de nombreux produits cosmétiques disponibles sur le marché européen ont à un moment ou à un autre été testés sur des animaux.

 

Les raisons de la présence de produits testés in vivo après 2013

 

Fermement opposés au retrait des tests sur les animaux, les lobbies industriels prétextent que leur interdiction serait un frein à la recherche. Sans compter sur le fait que cela stimulerait la recherche de méthodes alternatives de tests tout aussi efficaces, c’est d’ailleurs l’argument ayant décidé la Commission Européenne à franchir le cap législatif, pour orienter l’industrie à rechercher des méthodes moins cruelles.

Cependant, le champ d’application de la loi n’est pas absolu, et des exceptions demeurent encore :

–          Les produits et ingrédients dont la sortie commerciale date d’avant la loi de 2013 et qui étaient déjà testés sur les animaux continueront à être commercialisés, et ce sans nécessité d’en avertir le consommateur.

Tests sur lapins

« Les données des tests sur les animaux réalisés avant les dates d’application respectives des interdictions de mise sur le marché (11 mars 2009 et 11 mars 2013) peuvent continuer à être utilisées pour l’évaluation de la sécurité des produits cosmétiques. »

 

–          Certains ingrédients « multi-secteurs » peuvent entrer dans la composition de produits cosmétiques. Ingrédients tels que des solvants, conservateurs, parfums, filtres solaires etc… . Ces ingrédients étant à la base destinés à des industries telles que l’agroalimentaire, les produits nettoyants , industrie pharmaceutique ou la chimie, ils ne sont donc pas concernés par l’interdiction. L’utilisation de certains exige même le passage par les tests de manière obligatoire avant d’être déclarés commercialisables.

 

–          Des ingrédients chimiques produits au dela d’une certaine quantité annuelle (1 tonne par an en Europe) entre sous le coup de la réglmentation REACH, visant à évaluer les risques et effets de ces substances sur la santé et l’environnement. Afin de garantir la sécurité des travailleurs qui sont exposés, REACH passe outre les directives de la comission européenne sur le cosmétique, et estime que les tests in-vitro ( sans animaux) ne sont pas assez fiables et minimiseraient certains risques.

 

La commission soutient cependant que les tests sur les animaux ne doivent être effectués qu’en dernier recours, et qu’ils doivent être notifiés aux organismes compétents. Ceci afin d’accélérer le développement des nouvelles méthodes de test.

 

Le contrôle de l’interdiction de tests sur les animaux

 

Le contrôle du respect des directives de la commission européenne en terme de tests sur les animaux relève de la responsabilité de chaque état membre pour son territoire. La commercialisation de chaque produit cosmétique est accompagnée d’un Dossier d’information produit (DIP), qui regroupe toutes les informations relatives au produit telles que les différents tests effectués au long du processus de fabrication, le cadre de ces expérimentations, ainsi qu’un rapport de sécurité sur le profil toxicologique des substances et la méthode d’évaluation de ces risques (animale ou non).

Cosmetiques cruelty free

Par ailleurs, chaque membre peut demander une dérogation pour conduire exceptionnellement des tests sur les animaux, s’il juge qu’une situation nécessite de telles expérimentations.

 

Les tests sur animaux en Chine

 

La Chine est désignée comme un mauvais élève par les défenseurs des animaux, la situation y est particulière, puisqu’elle y a renoncé  en 2014 pour les produits fabriqués sur son sol. L’obligation de ces tests demeure obligatoire pour quelques produits tels que les colorations, traitements lissants, déodorants, crèmes solaires.

Cependant, l’obligation de tests sur les animaux subsiste pour tous les produits fabriqués à l’étranger. C’est pourquoi toute marque étrangère vendue sur le sol chinois devra recourir à des tests in vivo.

Toutefois l’obligation de tester sur des animaux ne s’applique pas aux marques de cosmétiques étrangères livrant en chine via un site e-commerce.

 

Les alternatives à l’expérimentation animale.

 

Si les défenseurs des test sur les animaux soutiennent qu’ils sont toujours nécessaires, qu’en est-il réellement ?

Ces tests censés être le meilleur moyen d’évaluer les effets de substances pouvant être nocives dans les cosmétiques, n’apportent en vérité que des estimations. Estimations qui ne permettent en aucun cas de prédire à coup sur le niveau de toxicité, et sont parfois difficiles à interpréter.

On peut donc en conclure que l’utilisation exclusive de tests in vitro (sans animaux) ne signifierait pas forcément moins de séurité pour le consommateur.

Test in vitro

Les alternatives principalement utilisées pour les tests de corrosion et d’irritations de la peau et de la cornée sont :

–          La reconstruction d’épiderme humain in vitro pour les irritations cutanées

–          La reconstruction de la cornée in vitro pour les aggressions du globe oculaire

–          Les tests in vitro sur des cellules humaines cultivées pour mesurer la toxicité.

La recherche développe actuellement d’autres pistes pouvant se substituer aux tests sur les animaux comme la bio-impression 3D, consistant à imprimer directement des tissus humains, ou encore des méthodes de microdosages, ou les tests seraient faits sur des humains en infimes quantités afin d’observer les effets.

Ces alternatives ont le mérite d’être à terme moins couteuses, plus précises et plus rapides que l’expérimentation sur les animaux. Qui pose des problèmes d’interprétation, d’achat et de maintien des animaux et infrastuctures.

On rencontre cependant plus de difficultés en ce qui concerne les expérimentations pour des risques concernant l’ensemble de l’organisme, si le développement des tests semble en bonne voie pour les zones en contact direct avec le produit, nous avons encore plus de mal à mesurer les effets globaux et chroniques sur la santé. Les alternatives aux tests animaux pour ce genre de tests nécessitent la combinaison de différentes méthodes et simulations par ordinateur encore peu démocratisées.

Retrouvez prochainement notre guide pour s’assurer que les cosmétiques que vous achetez ne sont pas testés sur des animaux, avec une présentation des différents labels et ce qu’ils signifient.

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